Arts énergétiques de santé, de la tradition au quantique

Typologie homéopathique et types psychologiques de CC Jung.

Typologie homéopathique et types psychologiques de CC Jung.

22-04-2015
homéopathie, thérapie quantique Typologie homéopathique et types psychologiques de CC Jung. 
Un article de  Philippe Colin.

homéopathie, thérapie quantique Typologie homéopathique et types psychologiques de CC Jung. 
Un article de  Philippe Colin.

La typologie homéopathique a d’abord été initiée par l’école pluraliste de Léon Vannier, médecin homéopathe parisien du début du 20ème siècle. Cette typologie a été actualisée en particulier par l’école bordelaise (Denis Demarque) avec la notion de type sensible. On peut citer également les classifications actuelles en remèdes végétaux, animaux, et animaux. 
Carl Gustav Jung a publié en 1920 un de ses ouvrages les plus connus, « les types psychologiques ». Il avait déjà publié une étude sur ce sujet en 1913 (Contribution à l’étude des types psychologiques, Archives de Psychologie, Editions Claparède, n°52, décembre 1913). Les conceptions contenues dans ce livre seront conservées par Jung jusqu’à la fin de sa vie, puisque l’on peut retrouver un passage sur ce problème dans son dernier ouvrage, « Présent et avenir », sur la dysharmonie existant entre la fonction pensée et la fonction sentiment (page 159, Editions Buchet Chastel, 1962). Ce sont ces mêmes types psychologiques qui inspirent le MBTI (Myers Briggs Type Indicator) utilisé en psychologie du travail. Pour cette communication, j’ai utilisé surtout l’ouvrage récent « Jung’s Typology in Perspective, d’Angelo Spotto, Editions Chiron, Illinois, USA, 1995). 
La typologie jungienne est basée sur la connaissance de sept traits de caractère : l’introversion, l’extraversion, l’intuition, la pensée, la sensation, le sentiment, et l’imagination. Ces caractères peuvent s’assembler de différentes façons et constituent ainsi les différents types psychologiques. Pour être complet, il faut y ajouter l’animus et l’anima. 
Il a paru intéressant d’aller au-delà de ce terme typologie, afin d’établir une comparaison entre ces deux classifications, d’analyser ressemblances et différences, et de considérer quelles en peuvent être les conséquences au sujet de la médecine homéopathique. 

1. La typologie homéopathique.
Il faut d’abord souligner que cette typologie n’a jamais été mentionnée par Hahnemann et ses élèves immédiats. Elle remonte surtout à Léon Vannier qui avait classifié les principaux remèdes de fond homéopathiques en remèdes carboniques, phosphoriques et fluoriques. Cette classification fait appel à des notions de psychomorphologie (carboniques brévilignes, phosphoriques longilignes, fluoriques assymétriques). Dans cette lignée, il faut également mentionner les notions de psore, sycose, tuberculinisme et luèse, ces notions ayant différentes significations selon les écoles homéopathiques. 
La notion de type sensible correspond à la description de signes psychiques et de signes physiques associés, et à des remèdes homéopathiques dénommés polychrestes (par exemple Arsenicum album, angoissé, maniaque, souffrant d’un manque d’image paternelle, sujet à de l’asthme et à de l’eczéma, ou à une pathologie cancéreuse). 
La classification en remèdes végétaux, animaux, et minéraux est plus récente et correspond surtout à des symptômes psychologiques différents selon les familles : un remède végétal sera plus souple, évoluera plus facilement, un remède animal sera combatif, extraverti, un remède minéral sera très peu évolutif. 

2. Les différents types psychologiques jungiens.
Ces types psychologiques reposent, nous l’avons dit, sur l’association de sept traits de caractères. 
A – Les différents caractères 

1 – L’extraversion 
Pour l’extraverti, seul l’objet est fascinant et valable. Ils font beaucoup de choses à la fois pour être le plus possible en contact avec l’extérieur. Ils ont le désir d’influencer les autres et/ou l’environnement, et sont également influencés par cet environnement. Ils semblent théoriquement confiants, accessibles et expansifs, mais peuvent devenir impérialistes dans leur manière d’évoluer dans le monde. Ils peuvent avoir tendance à penser tout haut, et être tolérants vis-à-vis des interruptions et des bruits. 
Sur un plan homéopathique, on pourra penser à un Sulfur ou à un Nux vomica par exemple. 

2 – L’introversion 
La relation à l’objet est complètement différente, voire inverse de celle de l’extraverti : l’objet est ressenti comme enlevant de l’énergie à un monde intérieur plus subjectif. Ainsi, l’introverti gardera cette énergie pour lui, pour garder sa position. 
L’introverti sera plus indépendant, plus orienté vers les idées que l’extraverti, car il recherche son énergie à partir de son monde intérieur ou subjectif. En apparence, l’introverti peut sembler perdu dans ses pensées ou inaccessible, ou encore réservé, dans la manière où il se meut dans le monde. Il attache beaucoup d’importance à la solitude, la tranquillité, et à son territoire. 
En homéopathie, cette description pourra faire penser à Lycopodium ou à Natrum muriaticum. 

3 – La sensation 
C’est la fonction psychologique qui perçoit avant tout un stimulus physique, qui permet l’attachement à la réalité. Ce sont des personnes très observantes, conservatrices, n’aimant pas les changements. Leurs expressions favorites sont : « soit précis, soit réaliste, revient sur terre, tout revient à la normale tôt ou tard ». 
En homéopathie, on pourra reconnaître un Calcarea carbonica ou un Arsenicum album.

4 – L’intuition 
C’est la fonction qui perçoit de manière inconsciente, c’est donc l’opposé de la sensation. L’intuitif a tendance à survoler les choses, à les envisager dans leur globalité plutôt que dans leurs détails. Il relie tout cela à ce qui est caché, invisible, voit des connections partout, des perspectives inhabituelles ou alternatives, et sera attiré par la symbolique, la complexité, par la mythologie. Ils n’ont pas peur des changements et l’on peut dire qu’ils ont un sixième sens. 
Cette description peut correspondre en homéopathie à Phosphorus ou à Tuberculinum. 

5 – Le sentiment 
C’est la personne qui fonctionne à l’émotion, dont le but n’est pas d’établir un jugement, mais de constituer des critères subjectifs d’acceptation ou de refus. Ses expressions favorites seront : « je ne suis pas à l’aise avec cela, cela ne me plaît pas, j’essaie de lui donner le bénéfice du doute, j’ai quelque chose à partager avec vous, vous ne pouvez pas être plus compréhensible ? ». Tout est compliqué dans la relation avec le type sensitif. 
Certains pourront penser à des remèdes homéopathiques comme Sepia ou Pulsatilla. 

6 – La pensée 
C’est l’intellectuel qui insiste sur la logique et l’objectivité pour obtenir des conclusions correctes et vraisemblables. Ils sont capables d’abstraction, et peuvent tendre à être impersonnels, rigides, abrupts. Comme ils calculent les conséquences, on peut penser qu’ils sont manipulateurs, ayant un goût pour le pouvoir et l’intimidation, ce qui n’est évidemment pas toujours le cas. Leurs phrases favorites pourront être : « soit logique, soit objectif, soit clair au sujet de ce que tu dis, ne laisse pas ton cœur diriger ta tête, définit les termes que tu emploies, savez vous vraiment ou vous allez ? ». 
On pourra penser à certaines variétés de Lycopodium ou de Sulfur (le philosophe en haillons) dans cette description. 

7 – L’imagination active 
Cette fonction est pour CG Jung une aire où le conscient et l’inconscient n’ont aucun avantage l’un sur l’autre : l’inconscient sera écouté, mais sans jamais être transformé, amélioré ou perverti. Le conscient est alors en relation avec l’inconscient sans rapport de forces. 

L’anima et l’animus 
Ces deux concepts ne sont pas à proprement parler des traits de caractère, mais sont au moins aussi importants que ceux-ci dans la conception jungienne de l’être humain. Ce sont les caractéristiques féminines (anima) et masculines (animus), la femme ayant tendance à avoir un inconscient animus et l’homme un inconscient féminin anima. 

B – Les différents types psychologiques 
Les différents caractères, extraversion et introversion, peuvent être associés avec un ou plusieurs autres caractères (pensée, sensation, intuition, sentiment). Un extraverti aura toujours un côté inconscient introverti et un introverti aura toujours un côté inconscient extraverti, ces côtés inconscients étant très variables dans leur intensité, leur fréquence d’apparition : un extraverti pourra ainsi devenir centré sur lui, tandis qu’un introverti pourra devenir explosif, tape-à-l’œil. 
Ces différentes combinaisons forment un total de 80 combinaisons possibles. Il a paru inutile et trop long d’exposer en détail ces différentes combinaisons. Il suffira de donner comme exemple l’extraverti avec pensée comme fonction supérieure, consciente, et comme fonction auxiliaire, plus inconsciente, la sensation. Cet extraverti aura un inconscient introverti, avec une fonction supérieure le sentiment, et comme fonction auxiliaire l’intuition. 

C – Evolution des différents types psychologiques au cours de la vie 
Il faut d’abord rappeler que l’inconscient, pour Jung, n’est pas seulement personnel (ce qui correspondrait à l’inconscient freudien, que Jung n’a jamais rejeté), mais qu’il est aussi collectif, incluant tous les archétypes, dont le self, lequel est représenté par les nombreuses images de Dieux, des mandalas, et cetera. C’est le self qui régule le développement humain. 
Dans la première partie de la vie, les forces archétypales sont en mouvement constant : nous sommes nés sans ego (c’est-à-dire sans conscient), mais avec un self archétypal. La construction de l’ego entraîne la séparation entre conscient et inconscient, et l’enfouissement du self dans l’inconscient. La formation du conscient apportera confiance, stabilité, contrôle et connaissance sûre pour faire face au monde extérieur et intérieur. Cette élaboration correspondra à la construction d’un type psychologique. 
Le milieu de la vie correspond à la reconnaissance de la connexion entre le conscient et l’inconscient : l’extraverti rencontrera son côté introverti, ses fonctions supérieures conscientes iront à la rencontre de ses fonctions inférieures inconscientes. Cette rencontre se fera plus ou moins selon les individus. On voit par là que, pour Jung, le développement de la personne humaine n’est pas linéaire, mais cyclique ou en spirale, et qu’elle peut être très variée selon la personnalité et le chemin de vie de chacun.
Lors de la fin de vie, le côté conscient sacrifie sa primauté pour laisser sa place au self. 

III – Correspondances possibles entre typologie homéopathique et typologie jungienne 
Nous avions effectué un travail il y a quelques années en recherchant dans les répertoires homéopatiques les correspondances possibles en partant des types psychologiques jungiens pour déterminer quels pouvaient être les remèdes homéopathiques correspondants. Cette recherche n’avait pas été, il faut bien l’avouer, très fructueuse, les différents types psychologiques jungiens correspondant à beaucoup trop de remèdes homéopathiques différents pour être exploitables (nous verrons plus tard dans la discussion les raisons de ce relatif échec). 
Nous avons préféré prendre le chemin inverse, étudier quelques remèdes homéopathiques, pour voir en quoi ils pouvaient correspondre à un ou plusieurs types psychologiques jungiens, en partant des descriptions de la psychiatre homéopathe Jacqueline Barbancey. Nous avons choisi trois remèdes très connus des médecins homéopathes, Arsenicum album, calcarea carbonica, lycopodium. 

A – Arsenicum album 
Arsenicum album est indiqué chez des personnes angoissées, très méticuleuses, obsédées par la propreté et par la marche inexorable du temps, collectionnant toutes sortes d’objets. On pourra dire que leur conscient est extraverti, associé à des caractéristiques de sensation et pensée. En suivant Jung, nous pourrons en déduire que ses tendances inconscientes pourront être l’introversion, le sentiment et l’intuition. Ses somatisations, constituées par de l’asthme, de l’eczéma, et une pathologie cancéreuse, pourraient être en rapport avec ses tendances inconscientes. 

B – Calcarea carbonica 
C’est un calme, très patient, plutôt lent, prudent, réaliste, parfois passif, n’aimant pas les changements, l’imprévu, respectant les règles. C’est le bréviligne des morphopsychologues. Il aura tendance à faire des polypes, lipomes, de l’arthrose, aura des préoccupations hypochondriaques et obsessionnelles. C’est un introverti, associé à des caractères sensation et pensée. Nous en déduirons que son inconscient pourra plutôt être extraverti, avec des fonctions sentiment et intuition. 

C – Lycopodium 
C’est un intellectuel introverti doutant de lui, qui cache derrière un masque parfois autoritaire et hautain une fragilité et une sensibilité marquées. Il aura tendance à somatiser surtout au plan digestif, ORL, cutané. Pour reprendre la typologie jungienne, on pourra émettre l’hypothèse que l’on pourra avoir affaire à un introverti, avec sentiment et intuition dans certains cas, mais aussi sensation et pensée dans d’autres cas. Son inconscient extraverti explique ses brusques sautes d’humeur, parfois cataclysmiques. 
Nous pourrions reprendre un à un les différents remèdes homéopathiques pour les examiner sur le plan de la typologie jungienne. Nous voyons d’ores et déjà que des déductions concernant les caractères inconscients contribuent à expliquer certains symptômes présentés par ces patients. 

IV – Discussion 

A – Symptomatologie psychique homéopathique et jungienne􏰀 : correspondances et différences. 
En homéopathie, les signes psychiques retenus proviennent soit des réactions psychologiques secondaires aux troubles physiques provoqués par les substances testées, soit des réactions psychologiques directement liées à ces substances. Ceci est mélangé à la personnalité préexistante du volontaire qui expérimente, et des conditions dans lesquelles s’est effectuée l’expérimentation (celles effectuées du temps d’Hahnemann ne connaissaient pas le double aveugle). Tout cet ensemble est donc bien différent d’une étude psychologique d’une personne. De plus, les symptômes psychiques décrits dans les ouvrages homéopathiques plus contemporains (Scholten, Sankaran) décrivent le plus souvent des réactions psychologiques relatives à des situations de vie, et ne sont pas (ou peu) des études de caractère. 
Les descriptions des types sensibles de certaines écoles ou les tentatives de description d’essences de remèdes d’autres écoles se rapprocheraient davantage des types psychologiques jungiens, mais ces descriptions n’explorent pas ou peu le côté inconscient de la personne. Par contre, elles s’appuient sur la description de symptômes somatiques ignorés de la typologie jungienne. 
Ces éléments montrent bien que les deux approches diffèrent sensiblement, ce qui peut contribuer à expliquer pourquoi un type psychologique jungien peut correspondre à tant de remèdes homéopathiques. Cependant, loin d’être antagonistes, elles peuvent très bien être complémentaires, et peuvent permettre une meilleure pratique pour le médecin homéopathe. 

B – Conséquences pratiques 
Que peut nous apporter dans notre pratique de médecin homéopathe la connaissance des types psychologiques jungiens ? 
D’abord, sur le plan du décryptage du message adressé par le patient : telle personne qui paraîtra matérialiste et intellectuelle (sensation et pensée) pourra avoir un côté inconscient intuitif et sentimental, un introverti pourra avoir une cache cachée extravertie... A nous, thérapeutes, d’être attentifs à cela, ce qui nous permettra d’éviter le piège des schématisations excessives, sources de traitements inefficaces. Par ailleurs ces déductions relatives au côté inconscient permettent une meilleure connaissance des patients et de mieux expliquer leurs somatisations. 
Les différents types psychologiques, avec leurs facettes consciente et inconsciente, permettent de comprendre comment certains patients collent si bien à certains remèdes, et comment d’autres, à la personnalité plus complexe, nous font entrevoir comme possibilités de traitement, des remèdes très différents, voire opposés : une personne Pulsatilla, douce, recherchant la consolation, pourra avoir un côté Sepia, plus dur, plus solitaire. On pourra comprendre facilement que même l’étude attentive des concomitants physiques ne permettra pas dans tous les cas d’éliminer tous les remèdes possibles sauf un... 
La prise en compte de l’inconscient du patient aboutira à la prise en compte des différentes facettes de sa personnalité, chaque facette pouvant correspondre à plusieurs remèdes différents. Il reste au médecin homéopathe de déterminer quelle(s) facette(s) est (sont) mise(s) en jeu lors de la pathologie rencontrée par ce patient. 
Cette complexité contribue sans doute à expliquer les différences de prescription en homéopathie : la prescription d’un seul remède pourra être en rapport, soit avec une situation très précise, soit avec une personnalité particulière correspondant très bien à un seul remède, ceci étant bien souvent relié à des tendances monistes de la part du thérapeute. La prescription pluraliste tiendra davantage compte de la complexité de la personnalité du patient et de celle du thérapeute, quand cette complexité existe. 
Enfin, CG Jung nous montre bien que l’évolution psychologique au cours de notre vie met en jeu des mécanismes conscients et inconscients : notre côté inconscient domine lors de la petite enfance, ce qui correspond à des remèdes particuliers. Par la suite, notre côté conscient s’acquiert progressivement à partir de l’adolescence jusqu’à l’âge adulte. La personne âgée, par son retour au self archétypal, bénéficiera en partie des mêmes remèdes ou de remèdes proches de ceux des enfants, en plus des remèdes de sclérose qui lui sont spécifiques. 

V - Conclusion 
La connaissance des types psychologiques de CG Jung devrait ou pourrait permettre de mieux soigner nos patients, mais aussi pourrait nous être appliquée, à nous, thérapeutes. Ce fait, bien connu des psychothérapeutes mais beaucoup moins connu des médecins, de mieux connaître notre inconscient, nous donne l’occasion de mieux explorer nos résistances et nos contretransferts, et par là même de mieux traiter nos patients. Comme le dit CG Jung, « on ne peut espérer mener un malade plus loin que le point que l’on a atteint soi-même (page 123, L’âme et la vie, Buchet Chastel, 1963). 
N’oublions pas que, au-delà de nos choix personnels de telle ou telle thérapeutique, ce sont nos patients qui nous choisissent, d’abord selon notre personnalité, ensuite selon notre méthode thérapeutique. 
L’abord des types psychologiques nous a fait entrevoir la complexité de la pensée de CG Jung, pensée souvent déformée par ses adversaires. Ceci n’est pas sans rappeler d’autres déformations de la part des adversaires de la médecine homéopathique... 
Philippe Colin